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Vidéo à la demande et modèles économiques

Il existe deux types de VOD : la VOD temporaire (on « loue » le film pour une durée déterminée) et la VOD définitive (on télécharge le film pour une durée illimitée).  Actuellement, le public semble préférer la VOD temporaire, en raison de la précarité de l’offre définitive.

D’après les derniers chiffres, 6 millions d’œuvres ont été téléchargées en France en VOD entre janvier et juin 2008. Bien que le marché ait doublé depuis l’année précédente, il n’est rien comparé au succès de la VOD aux USA. Contrairement à la musique, pour laquelle plusieurs nouveaux modèles économiques ont été inventés (financement publicitaire : Deezer, aide au lancement d’artistes : Hitmuse, abonnements : Orange ou Nokia …), l’audiovisuel numérique n’a pas vraiment évolué au fil du temps.

Pourquoi la Vidéo à la demande n’attire-t-elle pas le public ?

     DES PRIX PEU AVANTAGEUX

Le prix est sans doute l’obstacle le plus important à l’essor de la VOD. Les prix sont trop élevés, et ont d’ailleurs augmenté en 2008, selon le baromètre de la VOD mis en place par l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel. En moyenne, un consommateur paye :

  • un film en « location » : 4€, 5 ou 6€ pour un film nouveau. C’est plus cher qu’une location de DVD, alors qu’il n’y a pas de frais inhérents aux supports physiques ;
  • un épisode de série : 2€. Une saison de série contenant en moyenne 22 épisodes, cela fait 44€ pour une saison, ce qui est plus cher ou égal au prix d’un coffret DVD, sans le support ni la possibilité de les regarder de façon illimitée ;
  • un film en « vente » : 15€. Le prix est celui d’un DVD, sans le support, les bonus, le choix des langues … et surtout sans certitude que l’on pourra bénéficier de ce film à vie. En effet, le fichier acheté ne peut être téléchargé que sur un support, et ne peut normalement pas être déplacé, copié, gravé, etc. Donc, par exemple, en cas de formatage indispensable de l’ordinateur, de panne ou de changement de système d’exploitation, le film est perdu, à moins d’arriver à convaincre le service clientèle de le renvoyer…

Pour contrer ces prix élevés, l’abonnement semble une bonne solution. Pourtant, contrairement à la musique, aucune offre d’abonnement n’a encore fait son apparition. On peut bien sûr trouver des packs de plusieurs films ou épisodes de séries, des abonnements thématiques (dessins animés pour enfants par exemple) et des « abonnements » permettant de choisir entre un nombre très limité de films, mais rien qui ressemble à un véritable abonnement illimité, avec un choix substantiel et un prix correct. Free a bien lancé une offre d’abonnement à prix abordable, mais le choix de films et séries était limité, bien que renouvelé régulièrement, et accessible uniquement aux abonnés bénéficiant de leur offre triple-play.

     DES VIDÉOS TROP VERROUILLÉES

L’un des principaux obstacles à l’essor de la VOD est un obstacle technique. Malheureusement, la plupart des plates-formes de VOD accompagnent leurs vidéos de MTP (mesures techniques de protection), qui empêchent d’utiliser le fichier payé librement. Les conséquences de ces MTP :

  • le fichier ne peut être déplacé, gravé, copié, modifié… Aucune copie de sauvegarde du film acheté n’est donc possible ;
  • le fichier peut parfois être copié sur un support autre qu’un disque dur d’ordinateur, comme par exemple un baladeur vidéo, mais ce support doit être prévu par la plateforme de VOD et doit pouvoir lire les fichiers protégés ;
  • l’utilisation de la VOD sur ordinateur nécessite l’installation de logiciels propres à chaque plate-forme, ce qui oblige à installer plusieurs logiciels si on désire utiliser plusieurs plateformes. Ces logiciels, souvent très consommateurs de mémoire vive, ne sont généralement disponibles que pour l’environnement Windows. Il n’y a donc aucune interopérabilité des formats de vidéo utilisés entre les différents systèmes d’exploitation et les différentes technologies existantes (principalement au niveau des baladeurs vidéo).

     UNE QUALITÉ INSUFFISANTE

Parmi les nombreuses critiques faites à la VOD, une autre concerne la qualité des vidéos mises en ligne. En effet, particulièrement avec le streaming, la vidéo est de moins bonne qualité que la télévision, l’image étant compressée pour avoir une taille raisonnable. En comparant aux vidéos disponibles sur le Peer-to-Peer, la VOD n’apporte rien, la qualité étant semblable à celle du téléchargement illégal. De plus, la plupart des vidéos illégales sont aujourd’hui disponibles en haute définition (Blu-Ray, HD 720p, HD 1080p), alors que les offres de VOD en haute définition commencent seulement à apparaître.

     UN CONTENU TROP RESTREINT

Depuis peu, les catalogues de films, séries et autres œuvres s’étoffent, mais ce n’est pas encore suffisant. Seuls certains blockbusters sont disponibles, ainsi que certaines séries populaires, malgré la mode actuelle pour celles-ci. D’autres plates-formes sont spécialisées dans le cinéma indépendant ou les documentaires, mais elles touchent moins facilement le public en étant isolées et en bénéficiant de trop peu d’exposition médiatique. En effet, les œuvres sont réparties sur différentes plateformes aux contenus très différents. Il semblerait plus attractif pour les consommateurs de créer une seule plateforme générale qui rassemblerait tous les catalogues disponibles.

Afin d’attirer les cinéphiles, il serait aussi intéressant de rendre disponible différentes versions linguistiques du film, avec et sans sous-titres.

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